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18 mois à Bangalore…

Posté par thivi le 17 juillet 2000

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Après plusieurs mois d’attente que la date du départ soit enfin connue, quelques jours pour boucler les valises (ou plutôt les grosses malles en plastique achetées à la hâte dans un magasin de bricolage), 2 heures de TGV pour relier Nantes à Paris, le RER interminable jusqu’à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, une petit vol de liaison jusqu’à Amsterdam (KLM oblige…) et c’est enfin le grand départ vers Bangalore ! (il faudra encore une escale mouvementée à Bombay pour y arriver enfin).

C’était mon destin de m’installer en Inde : déjà, dans mon ancienne société, j’étais la personne qui devait partir sur un projet indien mais le projet a capoté… Ce départ tombe à pic car j’ai de plus en plus de mal à supporter la France et la civilisation occidentale qui se résume à l’omniprésence de la publicité, la consommation effrénée érigée comme seul mode de vie possible, l’individualisme forcené et la recherche permanente du profit maximal, même aux dépends de vies humaines ou bien de la planète toute entière. Je verrai qu’en Inde les aspirations des gens ne sont finalement pas si différentes… en dehors du fait qu’il y a tout de même des occasions qui priment sur tout : un Hindou ne ratera jamais sa pooja du vendredi, dusse t-il passer à côté du contrat du siècle…

Ma fille Nadège et moi nous arrivons en Inde, encore tout auréolés de la gentillesse de mes collègues qui ont débarqué à l’improviste pour finir le bouclage des malles et nous dire au revoir sur le quai de la gare avec un magnifique livre sur la Bretagne, histoire que, sous les tropiques, on n’oublie pas notre toute fraîche région d’adoption !

LES PREMIERS JOURS
Arriver en Inde, c’est un choc ! Il y a d’abord une chappe de chaleur humide qui vous tombe dessus à la sortie de l’avion à Bombay. Et puis l’Inde au quotidien, c’est l’exacerbation de tous les sens : des couleurs, des bruits, des odeurs (les fleurs dans les cheveux des femmes, leur parfum, ainsi que malheureusement pas mal d’odeurs d’égout) à profusion. Le toucher n’est pas en reste avec toute cette foule qui se presse contre vous. Quant au goût… il y a plein de saveurs nouvelles (et souvent épicées) à savourer.

Les Indiens sont naturellement curieux et assez sans-gêne. Bien que Bangalore soit décrite comme la cité des nouvelles technologies ouverte sur l’Occident, ses habitants n’ont semble t-il pas l’habitude de voir des « blancs », et encore moins des blondes comme Nadège… On nous demande sans cesse comment on s’appelle, d’où l’on vient, on veut toucher les joues et les cheveux de Nadège… C’est sympa et amusant au début, mais çà devient vite lassant. Ce qui agace le plus Nadège en fait, c’est de se faire appeler sans cesse « baby », à 8 ans ça passe mal ! Une fois, on est allé se baigner du côté de Chennai et quand on est sortis de l’eau pour s’essuyer, il y avait tout un cercle de gens autour de nous, on se serait cru comme des animaux dans un zoo.

Il y en a une qui détonne !

Il y en a une qui détonne !

Ce qui frappe aussi dès qu’on est dans la rue, c’est cette impression de bordel géant. Je dois avouer que cet aspect m’a bien plu, venant de France où tout est policé, encadré, contrôlé, pasteurisé, à peu près prévu (il faut des assurances pour tout et n’importe quoi), alors qu’ici c’est plein de vaches dans la rue, de détritus, de camions prêts à se renverser (HORN OK PLEASE !), de vélos chargés de plusieurs m3 d’affaires, de rickshaws pétaradants, de marchands de thé hurlant chaiééééééé, de temples multicolores, de sable qui vous rentre dans les narines, de gosses qui viennent quémander une pièce, tout çà au milieu d’hommes d’affaires en costume-cravate.

Merci à Serge et Pascale qui nous hébergent le temps que l’on trouve un appart. On va le trouver sur Nandidurg(a) Road.

Notre immeuble à Nandidurg Road

On s’est mis à l’habillement local !

Nadège et Thierry essaient de passer incognito

PASSAGE AU GOVERNMENTAL HOSPITAL
Sans doute mon plus mauvais souvenir de ce séjour en Inde… Comme je reste longtemps, je dois me faire enregistrer comme résident indien (ce qui comporte en outre quelques menus avantages, comme payer l’entrée des sites touristiques en roupies et non en dollars). Le hic c’est que pour obtenir le précieux sésame, il faut prouver que l’on n’a pas le SIDA, et pour çà se faire prélever du sang dans un hôpital gouvernemental. Ces hôpitaux sont gratuits… et on comprends pourquoi en y entrant ! En plus comme je n’arrivais pas à trouver la bonne salle j’ai du essayer plein de salles remplies de mourants, de gens gisants sur des « brancards » (en béton !) pour finalement trouver le bon endroit. Heureusement le préleveur utilise une seringue qu’il déballe d’un emballage en plastique, elle doit donc être neuve, par contre il me colle un coton déjà usagé et plein de vieux sang pour éponger mon bras !

LES COLLEGUES
Je suis intégré à une équipe franco-indienne, et c’est l’occasion de découvrir des cultures et mentalités différentes en particulier hindous de Bangalore et musulmans de Delhi). Les réunions de présentation de notre travail sont parfois impressionnantes :

Réunion au BWSSB (photo Clarisse BROCHIER). C'est moi là devant l'écran, avec la chemise jaune...

Le gugusse en chemise jaune devant l’écran qui essaie de parler anglais c’est moi… Mais heureusement l’ambiance n’est pas toujours aussi studieuse !

Pot de départ de Clarisse

Une partie de la fine équipe :

L'équipe d'IRAMconsult

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